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En 2019, j’ai fondé l’école ĀYU pour transmettre le yoga autrement : une pratique décomplexée et inclusive fondée sur des connaissances scientifiques et académiques.
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Le yoga est-il un sport ? Si le yoga comporte bien une dimension posturale assimilable à une activité physique, ce n’est pas pour autant un sport au sens strict. C’est en fait une discipline bien plus large que sa seule dimension physique. Dans cet article, on vous aide à comprendre ce qu’est le yoga et en quoi il se différencie d’un sport. Ce sera aussi l’occasion de comprendre pourquoi il est légitime de se poser cette question et comment on en est arrivé à parfois tout confondre.

Les cours de yoga actuels sont majoritairement posturaux. Alors naturellement, quand on pense au yoga, on pense souvent à des postures sur un tapis. Cet imaginaire est aussi largement relayé via les réseaux sociaux qui montrent pratiquant·e·s ou prof en train de réaliser des asanas plus ou moins acrobatiques, ou des routines d’enchaînements fluides.
Mais le yoga est une discipline bien plus vaste. Dans les Yoga Sutra de Patanjali, il est décrit comme une voie à 8 branches qui vise à apaiser les fluctuations du mental :
Les asanas ne représentent qu’une seule de ces 8 branches. La pratique posturale n’est en fait qu’un fragment d’un ensemble bien plus large, qui combine travail corporel, travail sur la respiration, méditation, philosophie et art de vivre.
Réduire le yoga à ses postures, c’est donc confondre une partie avec le tout. Et ce malentendu nourrit la question « le yoga est-il un sport ? ». Aussi, le yoga tel qu’on se le représente et tel qu’on le pratique aujourd’hui a largement évolué depuis la rédaction des Yoga Sutra. Son histoire est riche, complexe et le yoga a bénéficié d’une grande variété d’influences. Comprendre son histoire et ses influences vous permettra de comprendre comment on en est arrivé à se poser cette question.
La première chose à comprendre c’est que les postures de yoga que nous pratiquons aujourd’hui ne sont pas millénaires. Dans ce paragraphe on vous donne donc un aperçu de l’évolution du yoga, jusqu’à l’essor du yoga postural.
Le mot « yoga » apparaît pour la première fois autour de 2000 av. J.-C. dans les hymnes du Véda. À cette époque, il ne désigne aucune pratique corporelle. C’est au contraire une pratique visant l’immobilité (l’arrêt des mouvements physiques et mentaux) pour entrer dans des états méditatifs profonds, porte de sortie du cycle des renaissances. Initialement, l’asana désigne simplement une posture assise qui permet de s’installer longtemps et confortablement pour favoriser l’entrée dans des états méditatifs.
Ce n’est que bien plus tard, avec l’émergence du Hatha Yoga, que des postures non méditatives associées au yoga font leur apparition. Les premières connues sont la posture du paon (Mayurasana) et celle du coq (Kukkutasana). Ces postures sont décrites sans pour autant être définies comme des techniques de yoga à proprement parler. Les asanas se développent alors à partir du 15e siècle mais restent encore préparatoires à la pratique méditative.
C’est surtout au cours des 19e et 20e siècles que la pratique posturale prend un tournant particulier dans la pratique du yoga. Dans un contexte d’éclosion de la lutte pour l’indépendance en Inde combinée à l’essor d’une culture physique hygiéniste et nationaliste en Europe et dans ses colonies, on assiste alors à une renaissance du Hatha yoga en Inde.
La pratique des postures prend une place centrale dans le courant dit du « yoga postural moderne » et va ensuite se propager en Inde et dans le monde. Autrement dit, la pratique posturale telle qu’on la connaît aujourd’hui n’est donc pas une pratique ancestrale immuable, mais une forme relativement récente du yoga, née d’un contexte historique particulier.
C’est précisément ce contexte historique qui a permis un enrichissement du yoga par une multitude d’influences… dont le sport !
Au cours des 19e et 20e siècles, il va être profondément influencé par des pratiques sportives européennes diffusées dans les colonies (gymnastique suédoise, bodybuilding, gymnastiques dites féminines) mais aussi par des pratiques indiennes comme la lutte.
Par exemple, Râja Bhawanrao Shriniwasrao Pant Pratinidhi, à la tête de l’état princier d’Aundh, qui est passionné de bodybuilding, pratique la salutation au soleil dans l’objectif de sculpter son corps.
Ravi des résultats de cette pratique simple, efficace, et qui ne nécessite aucun équipement, il y apporte quelques modifications avant de la diffuser d’abord dans son Etat, puis en Inde et à l’étranger.
Aussi, le bodybuilder indien K.V Iyer, véritable star de l’époque et incarnation de l’idéal physique masculin indien, intègre la salutation au soleil dans sa routine d’entraînement et contribue à sa popularisation comme un exercice typiquement indien favorisant la puissance musculaire.
À ce stade, la salutation au soleil est donc liée au culturisme mais pas encore au yoga. Le professeur Mark Singleton constate d’ailleurs que la pratique de la salutation au soleil et le yoga restent d’abord distinctes.
Ce sont deux pionniers du yoga postural moderne qui intègreront de la salutation au soleil aux pratiques de yoga :
Donc ce sont ces influences croisées entre sport et yoga qui ont participé à façonner la pratique que l’on connait aujourd’hui. Et si on en vient à questionner la pratique de yoga du point de vue du sport, c’est en partie parce qu’il s’est construit en dialogue avec des pratiques sportives.
Au fond, la vraie question n’est peut-être pas « le yoga est-il un sport ? » mais « qu’est-ce que le yoga vous apporte, et comment voulez-vous le pratiquer ? »
Le yoga pourrait être pratiqué comme un sport, avec des objectifs de performance, de progression, de haut niveau technique. Certain·e·s sportif·ve·s peuvent aussi le pratiquer comme activité complémentaire purement physique qui vise à la prévention des blessures, à une meilleure récupération après une séance, ou à apporter un bon équilibre entre force explosive et flexibilité. D’ailleurs, il est vrai que le yoga, y compris le yoga doux comme le yin yoga, peut très bien se combiner avec d’autres sports.
Mais pratiquer le yoga uniquement dans une logique de performance, comme une « simple gymnastique », c’est aussi passer à côté d’une grande partie de sa richesse. La respiration, la relaxation, la concentration, la méditation, la philosophie de vie, toutes ces autres facettes du yoga, apportent aussi des bienfaits profonds et durables qui ne sont pas que physiques (comme une meilleure gestion du stress).
Le yoga comporte une dimension physique qui sollicite force, souplesse, équilibre et coordination mais il n’est pas un sport au sens strict. Il peut évidemment se pratiquer avec des objectifs sportifs (de récupération, de mobilité, …) mais le réduire à un sport, c’est passer à côté d’une grande partie de ce qu’il recouvre. Cependant, c’est tout à fait légitime de vous poser cette question car de nombreux sports comme la gymnastique suédoise, le bodybuilding ou encore la lutte l’ont influencé au cours des derniers siècles.
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Les formations sont accessibles à certaines personnes en situation de handicap. Contactez la référente handicap, Manon Descroix, à contact@ayuyogaschool.com pour échanger autour de votre situation.
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